À RÉSIDENCE

Présentation du programme

« À résidence » est un programme de résidence destiné aux artistes numériques locaux et en situation précaire, pour développer chez eux une recherche artistique. « À résidence » s'appuie sur un montage financier hybride: il repose sur la création d'un contrat aidé de type CUI (Contrat unique d'insertion). Ainsi l'artiste est salarié et fait de sa recherche artistique son activité principale pendant le temps du contrat.

Désert Numérique dote ainsi le territoire d'un outil de production léger, modulable et adaptatif, pour des projets s'inscrivant dans un contexte rural, et qui peuvent être développés en zone rurale isolée. Ainsi « À résidence » vise à combler un manque d'opportunité de production artistique, numérique et rurale. Le programme est inspiré de l'action Précaritas de Syndicat Potentiel (Strasbourg) et se pose comme une alternative au travail bénévole de personnes au rsa.

Désert Numérique vise à faire découvrir les arts numériques en zone rurale, à travailler avec les artistes locaux qui s'inscrivent dans cette visée, et privilégiera dans ce projet des démarches artistiques associant pratique traditionnelle et technologies de pointe, au croisement entre art / science / technique.


Pour cette première édition du programme « À résidence », la résidence se déroule en 2017, pendant 6 mois continus. Cette année, le contrat est financé par la Drôme, et la résidence se fait avec le soutien de la Drôme, et possiblement de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

http://desertnumerique.net/Aresidence

En 2017: "Pierres solaires"
de Fabrice Schoumacher


« Pierres solaires» de Fabrice Schoumacher est le projet produit et réalisé à l'occasion de cette première À résidence et qui consiste en la création de pierres augmentées électroniquement.

La pierre est transformée de manière à réagir à l'environnement lumineux : la pierre s'éclaire à la tombée de la nuit et s'éteint au petit matin.

Ce projet combine des matériaux très différents tels que la pierre et l’électronique. La pierre renvoie au monde minéral, à la nature, à des temporalités si lentes que dans la vie d'un humain, ce temps pourrait sembler suspendu. Les échelles de temps en électronique et en informatique sont au contraire très petites, et donc tout aussi difficiles à appréhender pour l'homme. Une commande informatique se transmet à la vitesse de la lumière. Fabrice Schoumacher décide de confronter ces deux échelles de temps dans un seul objet hybride où l'élément naturel qu'est la pierre se trouve doté de technologies qui la traversent et la transforment.

L'artiste vise ainsi à allier, dans un même objet, un élément approprié par un savoir-faire remontant au paléolithique (âge de la pierre), avec une pratique reposant sur les outils de pointe et un usage des technologies du XXIème siècle.

La pierre comme matériau

Fabrice Schoumacher tente de canaliser dans les « Pierres solaires » la beauté des pierres, la grande variété des minéraux en terme de forme, de structure, de robustesse, de texture, de couleur, de transparence, aussi bien que l'épaisseur de temps et de mouvement permanent mais imperceptible des roches, leur origine, leur âge.

Fabrice Schoumacher collecte les specimens de roche qu'il trouve dans les environnements naturels du territoire (les communes environnantes à Saint-Nazaire-le-Désert, la Vallée de la Roanne, potentiellement étendu à d'autres territoires proches) : la marne, le quartz ou les géodes composent la spécificité des paysages de Drôme, modelés par ces formations et mouvements géologiques vastes, particulièrement riches géologiquement.

La pierre doit être polie, travaillée pour lui donner forme, pour la sortir de la roche. Cette forme pourra évoquer un poisson ou une grenouille, ou bien rester abstraite. La recherche esthétique est guidée par la pierre qui donne un chemin, mais aussi orientée par les possibilités d'association pierre-technologies, et par les incrustations qui sont faites dans sa masse pour embarquer les éléments technologiques.

Pierre augmentée

Arès la collecte, l'objectif de la résidence est de rechercher les possibilités de combinaisons formelles entre la pierre (son grain, sa forme, ses caractéristiques) et les assemblages techniques qu'offrent ces technologies embarquées.

La pierre sert, dans ce projet, à la fois de forme et de support à une technologie associant leds, fibre optique, cellules photo-électriques, batterie, composants et circuit électronique, dans le but de transformer à nos yeux cet élément pour le rendre réactif à son environnement. La pierre solaire réagira aux variations lumineuses, en captant la lumière du jour qu'elle restituera de nuit, en s'éclairant.

Certaines pierres cristallines, comme les géodes, permettront d'obtenir un jeu de réfraction de la lumière, reposant sur les propriétés naturelles des cristaux colorés. Un mécanisme léger et contrôlé par Arduino, via un programme informatique, pourra également modifier les effets lumineux produits par ces pierres augmentées. De même, un capteur pourra aussi bien faire réagir la pierre à une présence grâce à la détection de mouvement.

Ces potentiels techniques et les propriétés des pierres font partie du vocabulaire formel, autrement dit, de la palette à disposition de l'artiste pour réaliser toutes les variations des pierres solaires.


Fabrice Schoumacher est invité « À résidence », en 2017, pendant 6 mois continus de février à juillet. La résidence est soutenue par la Drôme et possiblement par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.



Insoleuse et circuits imprimés
de Fabrice Schoumacher

Réalisation des circuits imprimés
Matériel : plaques de cuivre-époxy; imprimante à jet d'encre, papier transparent, film lumino-sensible, plastifieuse, insoleuse.
Logiciel utilisé pour le schéma des circuits (CAO électronique): Kicad.

Pour les besoins du projet, une chaîne de travail permettant de fabriquer des circuits imprimés a été réalisée, d'apres diverses sources de documentation en ligne.
L'insoleuse a été réalisée à l'aide d'un ancien scanner recyclé, équipé de LEDs UV